Jeudi 24 janvier 2008
Dimanche. Il fait beau. C’est calme. Le téléphone ne sonne pas. Personne dans la ruelle. Je passe la journée en lisant.
Lundi matin. Je bois mon café à côté des trois ou quatre habitués matinaux. Je quitte "Au bon coin"
- A demain !
- A demain, bonne journée !
Mardi matin. Son demi sur le comptoir Dupriphon me sourit et me tend sa main. Serge à sa gauche a la tête du lendemain d’une nuit de cuite. Les yeux rouges mais ses joues sont plutôt creuses et sombres. Le garçon au visage de "l’homme qui sourit" me dit bonjour aussi. Vera, porte son masque de politesse très retenu. Depuis quelques jours, déjà, je suis en disgrâce évidente. Elle me sert mon café. Après "oui, ça va, ... comme ça peut être pire, je dis que ça va", de Dutriphon et mes "t’as raison, bien sûr", je tente une conversation avec Serge.
- Tu ne travailles pas, aujourd’hui ?
- Non.
Normalement une question comme celle-ci, mène à un réponse développée par, - je suis en vacances, par - j’ai pris une journée ou bien par une rigolade, - non, je n’ai pas envie.
- Non.
Sourd. Un silence après sa réponse.
Mercredi matin. Je bois mon café. Je cherche une ouverture, une conversation avec Vera. Je ne trouve pas. Le routier qui entre est pressé.
- Bonjour tout le monde ! Écoute , il s’adresse à l’homme qui sourit, présent aujourd’hui aussi
- Le père de Françoise est mort !
Ils se parlent , se donnent des rendez-vous.
Le père d’une Françoise est mort. La seule que je connais a un père. Mon voisin. Le petit Loulou avec son entrée au café , - que le Dieu vous bénisse, mes enfants ! Tout le monde commandait son petit rouge : un canon, Loulou y mettait un peu plus de tendresse - un canonnet. Les gens l’évitaient, trop collant. Moi non. Je rigolais quand il me parlait. Son visage participait, il lui donnait une expression qui soutenait ses propos et souvent il jetait un coup d’oeil vers moi, à la fin d’une phrase, une vrai invitation, un déclenchement de rire. Je ne connais que ce père d’une Françoise. Françoise, la soeur de Serge. Mais il ne sagit, certainement pas de lui. On m’aurait dit. Je suis son voisin le plus proche.
Jeudi. Centre commercial. Sur le parking je rencontre Denis.
- Salut, tu vas bien, qu’est-ce que j’entends, ton voisin, le père de Françoise est mort ? Samedi dernier. C’est Georges qui me l’a dit, il était hier à l’enterrement .... il y avait un monde.... mais tu dois le savoir....
Je roule.
Adieu Loulou.
par Ciloking publié dans : Ecruture communauté : Lettres de non loin
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